«Maintenant, gronda Fausta en elle-même, je crois que Dieu même ne pourrait pas les sauver.., je les tiens tous!...»

XII

LA FILLE

Fausta entra alors dans le couvent et se fit conduire chez l'abbesse, laquelle la reçut comme toujours avec ce mélange d'inquiétude et de respect qu'elle avait pour ce personnage énigmatique. Elle était dans le secret de la grande conspiration. Elle savait que Valois était condamné et que le duc de Guise devait régner. De l'avènement de Guise devait dater sa fortune et celle de son couvent.

Claudine de Beauvilliers savait que son abbaye serait richement dotée par le nouveau roi. Elle savait d'autre part l'influence certaine de Fausta sur le duc de Guise. C'était plus qu'il n'en fallait pour témoigner à la mystérieuse Fausta un respect et une obéissance très sincères.

Lorsque Fausta entra chez l'abbesse, celle-ci était en train d'établir ses comptes. Et, navrée, elle constatait qu'il lui manquait six mille livres pour arriver à gagner la fin de l'année.

Lorsque Fausta parut, Claudine se leva et fit la révérence.

—Que faisiez-vous là, mon amie? demanda Fausta.

—Hélas! madame, dit Claudine en poussant elle-même un fauteuil dans lequel Fausta s'assit, je révisais les comptes de l'abbaye...

—Et vous trouviez?...