—Messieurs, balbutia Farnèse avec ce même sourire d'angoisse, j'attendais... j'espérais une autre réception, et je m'étonne de trouver des visages aussi sévères...

L'un d'eux, alors, se leva et dit:

—Cardinal Farnèse, ce n'est pas de la sévérité que vous voyez sur nos visages: c'est de la tristesse, et n'est-elle pas bien naturelle à l'heure où le plus distingué, le plus énergique de nous tous va nous quitter pour toujours?...

Farnèse respira... Non! Rien de funèbre dans ce qu'il voyait...

—Veuillez donc attendre, continua celui qui parlait; la présence du très révérend Rovenni est nécessaire pour la cérémonie de renonciation qui nous assemble ici...

Farnèse s'inclina; et, à ce moment même, une porte qu'il n'avait pas encore remarquée dans le fond du pavillon s'ouvrit, et Rovenni parut. Il était pâle; Farnèse attribua cette pâleur aux motifs qui venaient de lui être exposés. A l'entrée de Rovenni, tous les assistants se levèrent et s'éloignèrent lentement, à l'exception du cardinal Farnèse.

—Que signifie? balbutia Farnèse. Où est Sa Sainteté? Elle seule a qualité pour...

—Vous allez la voir, dit Rovenni. Prenez patience... Ce qui est dit est dit. Si nous sommes restés seuls, Farnèse, c'est que j'ai à vous demander tout d'abord si vous avez bien consulté votre conscience.

—Je suis décidé, répondit fermement le cardinal. Celle qui est la maîtresse de nos destinées a dû vous dire qu'à cette condition et à d'autres qu'elle connaît j'ai accepté la dangereuse mission de me rendre en Italie...

Rovenni avait écouté ces derniers mots avec une grande attention. Il se rapprocha de Farnèse, et murmura: