Les hallebardiers l'entourèrent. Pardaillan avait Rovenni directement devant lui. Il tomba en garde, et il allait de la pointe de sa rapière porter quelques coups destinés à le dégager, lorsqu'il demeura immobile et stupéfait... Rovenni, au lieu de fuir, s'inclinait très bas devant lui!... Sur quelques mots brefs du cardinal, les hallebardiers reculaient!... Et Rovenni murmurait:
—Quels sont vos ordres?... Dites vite!...
Que se passait-il?
Il se passait simplement ceci: qu'au moment où Pardaillan était tombé en garde, les yeux de Rovenni s'étaient fixés sur sa main droite... et qu'à l'index de cette main brillait l'anneau d'or... que Sixte-Quint seul pouvait lui avoir donné!...
Aux yeux de Rovenni, et presque aussitôt aux yeux de tous ceux qui entouraient Fausta, tout prêts à la trahir, Pardaillan était l'homme envoyé par le pape!... Et, cet anneau, c'était celui que M. Peretti, il y avait cinq mois, lui avait donné dans le moulin de la butte Saint-Roch.
—Vos ordres! répéta Rovenni.
—Qu'on arrête cet homme! rugit Fausta...
—Mes ordres! dit Pardaillan à tout hasard: maintenez cette femme, en attendant...
Fausta, livide, rugissante, pantelante de ce qu'elle entrevoyait, descendit de son trône et marcha sur Pardaillan; mais, dans ce moment, un chant éclata parmi les cardinaux, un chant qui la glaça d'épouvanté. Et c'était le Domine, salvum fac Sixtum Quintum...
Fausta porta les deux mains à son front. Ses yeux lancèrent des éclairs. Un frisson convulsif l'agita...