Pardaillan attacha la bête à un anneau et répondit:

—Hélas! madame, je ne suis qu'un pauvre gentilhomme sans maison ni écurie... J'ai déjà une monture équipée; si j'acceptais celle que vous voulez bien m'offrir, je serais forcé de la laisser mourir de faim. Sur ce, madame, daignez me permettre de prendre congé...

—Je ne vous retiens pas, monsieur, dit Fausta. Adieu, et soyez remercié!...

Pardaillan s'inclina profondément, tandis que Fausta rentrait à l'intérieur de son palais.

Pardaillan longeait sans hâte maintenant les bords du fleuve, et ce fut ainsi qu'il parvint non loin du pont Notre-Dame, au moment même où une troupe d'une quinzaine de cavaliers prenait position sur ce pont.

«Qu'est-ce que cela veut dire? pensa-t-il. Garons-nous, à tout hasard! »

Il fit donc un crochet à gauche et parvint dans la rue de la Juiverie, d'où il put constater que le pont Notre-Dame était gardé. Il était d'ailleurs bien loin de supposer que c'était à lui qu'on en voulait. Il fit volte-face et, suivant la rue de la Juiverie, se dirigea vers le Petit-Pont. A cent pas il s'arrêta. Là encore, il y avait une troupe de cavaliers, et la chaîne était tendue!

Sans autre inquiétude que celle du temps perdu, il se dirigea donc vers la rue de la Barillerie; de ce côté, il pourrait déboucher soit sur le quai de la Mégisserie par le pont aux Changeurs, soit sur la rue de la Harpe par le pont Saint-Michel. Ce ne fut pas sans frémissement que le chevalier vit ces deux pont également barrés.

Enfin, lorsqu'il eut constaté qu'il n'y avait pas davantage moyen de passer par le pont aux Colombes, ni même par les échafaudages des constructions du Pont-Neuf, il dut bien s'avouer qu'il était prisonnier dans la Cité.

Du pont Notre-Dame au pont des Changeurs, des hommes d'armes s'étaient détachés et s'échelonnaient de façon à former une haie.