Dans le même moment, l'auberge fut pleine de tumulte... Les poursuivants s'y jetaient tous ensemble... De pièce en pièce, les hurlements frénétiques poursuivaient Pardaillan; fermer les portes lui était impossible... déjà, il avait senti les rapières ou les piques des plus avancés le heurter... Une clameur de mort, sinistre, affreuse, emplit ses oreilles... et, acculé dans la dernière pièce de l'auberge, continuant sa course éperdue, il vit une fenêtre ouverte, l'enjamba... sauta dans le vide!...

A la fenêtre, des coups d'arquebuse éclatèrent. Quelques instants, l'auberge fut pleine de vociférations, puis toute cette foule reflua, l'auberge se vida rapidement, et tous se précipitèrent au bord de l'eau.

A ce moment, arrivait Maurevert, haletant, livide, sa dague à la main. Derrière lui, le duc de Guise survint et gronda:

—Où est le truand? Pourquoi n'est-il pas arrêté?...

—Monseigneur, cria un officier, des bords de la Seine, le sire de Pardaillan s'est jeté dans la Seine; il est d'ailleurs blessé.

—Qu'on détache toutes ces barques, ordonna Guise; qu'on surveille le fleuve, et, dès que l'homme apparaîtra, un bon coup d'arquebuse dans la tête!...

Et, se tournant vers Maurevert:

—Je crois que nous le tenons bien, pour le coup!

Maurevert ne répondit pas. Un sourire crispa ses lèvres, et, l'un des premiers, il se jeta dans une barque avec trois ou quatre hommes armés d'arquebuses. Quelques secondes après la chute, ou plutôt le saut de Pardaillan, la Seine était sillonnée de barques, tandis que, sur les rives, la foule attendait. Trois ou quatre cents hommes étaient prêts a faire feu sur Pardaillan dès qu'il se montrerait à la surface de l'eau.

Une heure passa... Pardaillan ne reparut pas. Il fut évident pour tous qu'il s'était noyé et que son corps roulé par le courant avait dû aller se perdre plus loin.