—Pardaillan, fit le jeune duc avec un soupir, comme nous sommes loin de...

—De Violetta, hein?... Patience, mon prince. Patience! Il y a deux êtres au monde qui peuvent nous faire savoir de quel côté nous devons nous tourner: c'est Fausta... et c'est Maurevert. Nous les suivons. Nous les tenons. Il faudra bien que l'un ou l'autre tombe dans nos mains. En tout cas, notre situation est moins tragique que lorsque j'étais dans la nasse.

—Figurez-vous que, cette nasse, au lieu d'être en osier, était en fer, un solide treillis en fer, et que, dans chaque maille, je pouvais à peine passer les bras... Heureusement, il y avait des cadavres, sans quoi je serais encore dans la nasse... C'est une jolie invention de Mme Fausta, que Dieu veuille me garder saine et sauve, car j'ai résolu de lui rendre épouvante pour épouvante...

Le jeune duc frissonna. Il entrevoyait, à travers l'explication de Pardaillan, une de ces hideuses aventures auxquelles succombent les esprits les plus fermes.

Le chevalier n'avait cessé de regarder à travers les petits vitraux ronds et verts de la fenêtre. Charles regardait lui aussi, et, dans la nuit de la ruelle, vit une ombre qui s'avançait.

Je savais bien qu'il viendrait! Et qu'il viendrait là! murmura Pardaillan.

L'ombre se rapprochait de la grande porte de l'hôtel. C'était un homme enveloppé d'un manteau qui lui cachait la figure. Mais, sans doute, Pardaillan le reconnaissait à la taille et à la démarche, car il répéta:

—C'est lui!

L'homme ne heurta pas le marteau de la porte, mais frappa dans ses mains. La grande porte s'entrouvrit aussitôt et l'inconnu se glissa dans l'intérieur.

—Qui est-ce? demanda Charles.