—D'une arquebusade dans le genre de celle que j'envoyai à Coligny? fit Maurevert. Nullement. Aussi, au lieu d'écrire: «Payable au lendemain de la mort», Votre Majesté eût plus justement écrit: «Payable «le lendemain de l'exécution de M. de Guise.»
—Maurevert, dit la vieille reine haletante, tu aurais donc vraiment le moyen de porter quelque terrible accusation contre le duc?... Parle, mon ami!...
—Papier pour papier, dit Maurevert.
A ces mots, il tira de sa poche une lettre qu'il remit à la reine. Catherine y jeta un avide regard et murmura:
«L'écriture de Guise...»
Catherine et Ruggieri se penchèrent en même temps sur la lettre posée sur la table.
Cette lettre, c'était celle-là même que Guise avait remise à Maurevert pour Fausta, Maurevert avait copié la lettre, remis la copie parfaitement imitée à Fausta et gardé l'original pour lui. La signature «Henri, duc de Guise... POUR LE MOMENT» constituait l'aveu échappé à la prudence du duc. Ce mot éclairait la lettre. «Qui vous savez», c'était le roi!...
Lorsque Catherine eut lu et relu cette lettre non pour en découvrir le sens, car ce sens lui apparaissait très clair, à elle, mais pour y chercher la possibilité d'accabler le duc sous une accusation capitale, elle demanda:
—A qui était adressée cette lettre?
—A la princesse Fausta... dit Maurevert.