Quelques jours se sont passés depuis le départ du duc de Guise. Paris est inquiet.

Au palais Fausta, une douzaine de jours après le départ des Lorrains, un mouvement se produit. Fausta a lu la lettre que Guise lui a fait remettre par Maurevert. Fausta a pris la résolution de rejoindre le duc à Blois.

Tout est donc prêt pour le voyage. Une litière attend devant la porte. Douze hommes d'armes recrutés depuis peu lui serviront d'escorte. Fausta monte dans la litière avec ses deux suivantes: Myrthis et Léa.

Au moment du départ, Fausta jette un long regard sur ce palais où elle a pensé, aimé, souffert, calculé, combiné la plus formidable des conspirations. L'image de Pardaillan passe dans son esprit assombri. Mais elle secoue la tête... Il est mort... elle est délivrée!...

Or, à l'heure même où Fausta sortait de Paris par la porte Notre-Dame-des-Champs, après une courte station au couvent des jacobins situé dans le voisinage de cette porte, le chevalier de Pardaillan rentrait dans la ville par la porte Saint-Denis, c'est-à-dire par l'extrémité opposée.

Il s'en était venu à petites journées. A Amiens, il s'était arrêté deux jours. Il éprouvait une certaine lassitude. Solitude d'âme et de corps... Il était seul dans la vie...

En somme, il s'intéressait à deux choses: d'abord frapper Maurevert. Ensuite, faire rentrer dans la gorge du duc, moyennant sa bonne rapière, les insultes que Guise avait proférées contre lui, le jour où, pour sauver Huguette, le chevalier s'était rendu.

«Supposons, songeait-il, que je terrasse Maurevert, et Guise, et Fausta. Que ferai-je après?»

Voilà où était la question... Que faire de sa vie?... Il s'ennuyait et s'ennuyait tout simplement parce que la vieille cicatrice de son coeur n'était pas fermée encore et parce qu'il ne savait où aller quand il aurait enfin réglé ses comptes,—s'il y arrivait.

«Que ferai-je?... Où irai-je? Demanderai-je l'hospitalité au petit duc, et me laisserai-je vieillir dans l'espoir d'enseigner les mystères du contre de sixte aux enfants de Violetta? M'en irai-je vieillir auprès d'Huguette?»