—C'est-à-dire en assassinant son fils Henri III, dit froidement le chevalier.
—Pardaillan! fit le jeune duc, ceci est affreux.
—Eh quoi! vous vous plaignez! Songez que votre père a été poussé au désespoir, à la folie, à la mort par trois êtres qui étaient: sa mère Catherine, son frère le duc d'Anjou, aujourd'hui roi de France, et, enfin, Mgr le duc de Guise! Vous voulez, vous cherchez un terrible châtiment contre le roi?
—Oui. J'ai toujours pensé que mon oncle Henri de France tomberait un jour sous la morsure imprévue de l'une de ces douleurs qu'il a semées sur la route de sa vie. Mais, si cela dépend de moi. Pardaillan, Jacques Clément ne frappera pas le roi. Ce n'est pas cela que je voulais!...
—Ainsi, monseigneur, si vous le pouvez, vous arrêterez le bras du moine?
—Je l'arrêterai, dit Charles, sourdement.
Pardaillan hocha la tête:
—Allons! murmura-t-il satisfait, Guise n'est pas encore roi de France!
A ce moment, il saisit le bras du jeune homme qu'il serra fortement. D'un signe, il lui montra la porte de l'hôtel qui s'ouvrait à ce moment, livrant passage à un moine encapuchonné qui sortait, et, lentement, s'avançait vers eux.
—Je veux dire, reprit-il froidement, que vous tenez en ce moment le sort du royaume et de la chrétienté dans vos mains, monseigneur. Voyez cet homme qui vient à nous. S'il passe, il marche au meurtre... demain, votre oncle Henri III est poignardé, demain le duc de Guise est roi... Monseigneur, voici la destinée qui passe! Un geste de vous, et la fortune du monde est changée...