Comme pour bien marquer un contraste avec le duc de Guise, qui ne venait jamais au château qu'avec une imposante escorte, le roi avait donné l'ordre de placer dans la grande salle le nombre de gardes strictement exigé par l'étiquette.

Le roi prit place sur son trône, et Guise, en sa qualité de grand-maître, s'assit devant lui, au pied des degrés. Alors, le roi commença un assez long discours dans lequel il établit en substance que le royaume était fatigué de ces luttes intestines, et qu'il fallait en finir. Il adjura fortement les trois ordres de l'aider à pacifier les consciences, et pour preuve de cette pacification des consciences, se déclara prêt à entreprendre l'extermination de l'hérésie.

En quittant la salle des séances, le roi avait regagné ses appartements et tenu réception dans le salon d'honneur qu'on montre encore aux voyageurs visitant le château de Blois.

Cependant, Henri III faisait bon visage parmi tous ces ennemis mortels qui lui souriaient. Et il ne lui fallait pas peu de courage pour se montrer paisible.

Il était d'ailleurs soutenu par le regard fixe et ferme de Catherine, qui ne le quittait pas des yeux.

Son plan était admirable. Il consistait à inspirer à Guise une sécurité absolue.

Le roi commença par prendre à part le duc de Mayenne et lui promit le gouvernement du Lyonnais. Mayenne se confondit en remerciements sincères. Au cardinal de Guise, Henri III promit la légation d'Avignon.

Rencontrant Maineville, il ajouta:

—Je sais combien M. le duc vous estime. Cela seul me serait un garant si je n'avais, pour vous la même estime. Monsieur de Maineville, j'ai donné l'ordre à ma chancellerie de préparer votre brevet de nomination au Conseil d'État.

Pendant une heure, selon une liste arrêtée dans la nuit même, le roi fit pleuvoir les faveurs autour de lui...