Les trois se regardèrent, les yeux flamboyants, les lèvres crispées par ces sourires terribles qu'on a dans les moments suprêmes. Catherine les vit décidés. Elle demanda:

—Le roi, messieurs, peut-il compter sur vous?

Ils tirèrent leurs dagues d'un mouvement spontané.

—Si le duc entre ici, il est mort! dirent-ils.

—C'est bien, dit Catherine. Attendez donc... car il va venir! Adieu, messieurs.

Elle passa devant les trois gentilshommes inclinés, et disparut dans le petit escalier intérieur.

Là-haut, dans le cabinet, Chalabre, Sainte-Maline et Montsery prenaient leurs dispositions—ce qu'on pourrait appeler le branle-bas de l'assassinat. Ils poussèrent la table contre la fenêtre. Ils entassèrent chaises et fauteuils dans un angle, de façon que la pièce fût entièrement libre, et que Guise ne trouvât rien derrière quoi s'abriter et se défendre. Alors, ils convinrent de leurs gestes. Sainte-Maline, le plus hardi des trois, prit naturellement la direction du combat.

—Moi, dit-il, j'ouvre la porte quand il arrive. Toi, Chalabre, tu te tiens ici, au milieu du cabinet. Toi, Montsery, tu te places ici contre la porte. J'ouvre donc et je dis: «Entrez, monseigneur.» Et je recule. Il entre. Alors toi, Montsery, tu pousses la porte, et tu mets le verrou. Chalabre et moi, nous l'attaquons par devant. Et toi, tu sautes sur lui par derrière. Est-ce convenu?

—Convenu...

—Chacun à notre place, donc, et ne bougeons plus.