Ils se serrèrent la main, et Pardaillan gagna tranquillement l'intérieur de la ville, où régnait un grand silence.
Pardaillan se dirigeait vers l'auberge du Château où on se rappelle qu'il avait loge. Il y chercha Jacques Clément, et ne l'y trouva pas.
—Bon! pensa-t-il, il sera parti pour Paris...
Et il reprit la chambre qu'il avait occupée précédemment, avec l'idée de se remettre en route après deux jours de halte.
Pardaillan se donnait à lui-même comme prétexte qu'il avait besoin de repos. En réalité, il avait surtout besoin de réfléchir, de se retrouver, de voir clair en lui-même et de prendre une décision d'où il sentait que sa vie à venir allait dépendre.
En ce jour, Pardaillan apprit que la duchesse de Montpensier avait pu fuir, que le duc de Mayenne s'était également échappé de Blois, ainsi que tous les seigneurs de marque qui avaient afflué dans la ville au moment des états généraux. Ainsi, Henri III n'avait pas profité de sa victoire.
Seul, le cardinal de Guise avait succombé; il avait été lardé de coups de poignard le jour même où Pardaillan rentra dans Blois.
Le surlendemain de sa rentrée à Blois, Pardaillan apprit que le roi était parti pour Amboise.
Pardaillan, lui, après s'être promis de partir au bout de quarante heures, resta. D'abord parce qu'il était indécis, irrésolu, et qu'il écartait de sa pensée ce point d'interrogation formidable qui l'obsédait:
—Irai-je ou n'irai-je pas à Florence?