—Tout cet échafaudage est bâti sur un sentiment...
«Nous y voici, attention!» songea Pardaillan.
Fausta se leva. Elle tremblait légèrement. Elle était pâle. Enfin, prenant une soudaine décision:
—Chevalier, dit-elle, tout dépend de la réponse que vous devez me faire. Cette réponse, je ne la veux pas tout de suite. Revenez dans trois jours et je parlerai. Si vous dites oui, mon triomphe et le vôtre sont assurés. Si vous dites non, vous reprendrez le chemin de la France, et nous serons à jamais séparés... oh! taisez-vous, maintenant... trois jours... encore trois jours de rêve...
Elle allait se laisser entraîner. Elle se domina et, plus froidement, ajouta:
—J'ai besoin de ces trois jours pour prendre mes dernières dispositions. Vous en avez besoin, vous, pour réfléchir avant de vous engager... dans trois jours, au moment de la nuit, chevalier... adieu!
A ces mots, elle disparut derrière une tenture, et Pardaillan vit entrer Myrthis, qui lui fit signe de la suivre. Il obéit, étourdi de ce qu'il venait d'entendre. Quelques minutes plus tard, il était dans la rue et regagnait l'auberge du Franc-Parisien.
«Que diable suis-je venu faire ici? murmura-t-il quand il fut seul et enfermé dans sa chambre. La tigresse est restée tigresse. J'aurais dû m'en douter... Trois jours! Je ferais bien de les mettre à profit pour prendre du champ... Bah! j'aurais l'air de fuir!...»
Cependant, Fausta s'était jetée sur un lit de repos, et, la tête enfouie dans les coussins, livide de l'effort qu'elle venait de faire pour se contenir, grondait:
—Rien! Rien! Rien! Pas un battement, pas un tressaillement!... Oh! oui, qu'il réfléchisse, car c'est sa vie qui est en jeu! Qu'il réfléchisse et prenne garde! Car, maintenant, c'est moi qui le tiens!...»