Crillon souleva la visière de son casque et montra au chevalier un visage tout couturé d'entailles.

—Avec cette figure-là? fit-il en éclatant de rire. Non, chevalier, je soupire parce que je vois les affaires de mon pauvre Valois en fort vilaine posture. Ah! si vous vouliez, chevalier...

—Si je voulais quoi, capitaine?

—Eh bien, dit Crillon, les hommes de haute bravoure manquent autour du pauvre Valois que tout abandonne. Chevalier, si vous vouliez entrer au service du roi...

—Merci, dit Pardaillan, de la bonne opinion que vous avez de moi, mais je veux rester libre.

—C'est votre dernier mot?...

Pardaillan s'inclina. Crillon demeura tout soucieux.

—Mais, reprit alors le chevalier, puisque tout le royaume est soulevé contre Valois, puisque, avec ses faibles ressources, il ne peut tenir tête à Mayenne, je sais bien ce que je ferais à sa place. Je chercherais des alliances. Henri de Béarn a une solide armée...

—Eh! pardieu! Valois ne le sait que trop, et ce n'est pas l'envie qui lui manque de crier au secours. Mais il a peur. Un refus du Béarnais serait une telle honte!... Chevalier, savez-vous que j'ai pensé à aller trouver moi-même le Béarnais? Mais s'il me refuse... le refus atteindra le roi, car je suis au roi!

—J'irais, moi, si cela peut vous plaire. Vous m'avez rendu service en me faisant accorder l'hospitalité par Ruggieri: mon tour est venu.