—Tenez, fit Pardaillan ému, voulez-vous que je vous dise? Vous devriez quitter votre couvent, votre cellule, vos prières, vos macérations, votre solitude. Vous êtes jeune... vous pouvez aimer... être aimé...

Jacques Clément pâlit horriblement.

—Pardaillan, dit-il en secouant la tête, ma destinée doit s'accomplir. Je ne suis pas seulement l'envoyé de Dieu, chevalier! Si Dieu m'a choisi pour débarrasser le monde de ce monstre qu'on nomme Valois, c'est sans doute à l'intercession de celle qui a souffert, pleuré, qui est morte en maudissant Catherine de Médicis... Pardaillan, c'est la voix de ma mère qui me guide!...

—Allez donc, fit Pardaillan songeur, je vois que rien ne saurait vous détourner de la voie étroite...

—Rien! dit le moine.

—Seulement, reprit le chevalier, puisque vous êtes décidé à frapper le roi de France... car vous êtes décidé plus que jamais?

—Il serait mort à cette heure si vous ne m'aviez dit: «J'ai besoin qu'il vive encore...» Valois vivra donc tant que vous aurez besoin de sa vie... Je suis patient... j'attendrai!...

—Je vous l'ai dit et vous le répète; la vie du roi de France m'est indifférente. Seulement, je ne veux pas que sa mort puisse servir les intérêts de M. de Guise.

—Oui... Tant que Guise peut devenir roi par la mort de Valois, vous ne voulez pas que Valois meure!... Mais après, Pardaillan?

—Oh! alors... je vous assure bien que la mort ou la vie de Valois sera le dernier de mes soucis.