Un peu rassuré, Maurevert reprenait la forme de courage qui lui convenait, c'est-à-dire l'insolence.

—Je ne sais si je succomberai dans le duel que je vous offre, dit Pardaillan: c'est possible. Mais ce qui est sûr, c'est que je vous tuerai. Il me paraît donc convenable de vous dire en deux mots pourquoi j'ai résolu de vous tuer. En même temps, je vous poserai une question...

—Mille questions, monsieur de Pardaillan, répondit Maurevert.

Au moment même où il prononçait ces mots, il fit un bond terrible en arrière et se plaça derrière la croix qui surmontait la tombe du vieux Pardaillan. Aussitôt, il se mit à courir frénétiquement vers le cheval et la voiture qu'il avait tout à l'heure examinés.

—Ah! misérable! hurla le duc d'Angoulême en s'élançant.

Pardaillan sourit, tira son pistolet et visa Maurevert. Il allait lâcher le coup... A cet instant, du pied de la croix où elle était accroupie, une ombre se dressa, s'interposa entre le canon du pistolet et Maurevert...

Cette forme, c'était une femme... Pardaillan eut un regard terrible vers le ciel... Son bras retomba...

Toute droite, appuyée à la croix, ses magnifiques cheveux d'or déroulés sur ses épaules, elle semblait ne voir ni Pardaillan, ni rien de ce qui était autour d'elle...

Pardaillan la regarda à peine: ses yeux étaient fixés sur Maurevert qui fuyait et sur Charles qui le poursuivait... Maurevert faisait des bonds insensés. Tout à coup, il eut l'impression que quelqu'un... passait à son côté, le devançait, se retournait, et, soudain, il trouva devant lui le jeune duc qui dégainait en disant:

—Arrière, monsieur, ou vous êtes mort!...