A cet appel, l'intendant, porteur de trois sacs rebondis, fit son entrée.

Du coin de l'oeil, les trois spadassins soupesèrent les sacs et se regardèrent avec des sourires émerveillés.

—Messieurs, dit Fausta, il y a trois mille livres dans chacun de ces sacs... C'est le premier quartier de la pension que j'entends vous servir... sans compter la nourriture, le logement et l'équipement... sans compter les gratifications et les menus profits.

Les trois eurent un éblouissement. Cependant Sainte-Maline, non sans dignité, s'exclama:

—C'est trop! madame... beaucoup trop!

Les deux autres approuvèrent de la tête, cependant que, des yeux, ils caressaient les vénérables sacs.

—Messieurs, reprit Fausta toujours souriante, vous étiez au service du roi. Vous voici à celui d'une princesse qui deviendra souveraine un jour, peut-être...

—Prenez donc sans scrupules ce qui vous est donné de grand coeur, ajouta-t-elle, désignant les sacs.

—Madame, dit avec chaleur Montsery, qui était le plus jeune, entre le service du plus grand roi de la terre et celui de la princesse Fausta, croyez bien que nous n'hésiterons pas un seul instant.

—Même sans compensation! ajouta Sainte-Maline, en faisant disparaître un des trois sacs.