—Dans une entreprise contre Pardaillan, le concours d'une épée telle que la vôtre serait d'un appoint précieux. Faites vos conditions vous-même.
Bussi-Leclerc se leva. D'un geste violent il tira sa dague, et, avec un accent de haine furieuse, il gronda:
—Madame, pour avoir la joie de plonger ce fer dans le coeur de Pardaillan, je donnerais, sans hésiter, non seulement ma fortune jusqu'au dernier denier, mais encore mon sang jusqu'à la dernière goutte... Mon concours vous est donc tout acquis... Plus tard, madame, j'accepterai les offres gracieuses que vous voulez bien me faire. Pour le moment, et pour cette entreprise, il vaut mieux que je garde mon indépendance.
—Quand vous croirez le moment venu, monsieur, vous me trouverez dans les mêmes dispositions à votre égard.
—En attendant, madame, dit-il, souffrez que je sois le chef de cette entreprise... Ne vous fâchez pas, messieurs, je ne doute ni de votre zèle ni de votre dévouement, mais vous agissez pour le compte de madame, tandis que j'agis pour mon propre compte, et, quand il s'agit de sa haine et de sa vengeance, Bussi-Leclerc, voyez-vous, n'a confiance qu'en lui-même.
—Avez-vous un plan tracé, monsieur de Bussi? demanda Fausta.
—Très vague, madame.
—Il faut cependant que Pardaillan meure... le plus tôt possible, insista Fausta en se levant.
—Il mourra! grinça Bussi avec assurance.
Fausta interrogea du regard les trois ordinaires qui grondèrent.