—Et, puisque la mort de Pardaillan doit nous assurer l'abondance et la prospérité, ma foi! tant pis pour Pardaillan! décida Sainte-Maline.

XVI

LE CAVEAU DES MORTS VIVANTS

Lorsque Pardaillan, après avoir quitté Espinosa, se trouva de nouveau dans le couloir, il se secoua et, avec un soupir de soulagement:

«Ouf! Me voilà enfin sorti de ce cabinet savamment machiné, certes, mais qui manquait vraiment trop de sécurité avec ses chausse-trapes et ses planchers à bascule... Ici, du moins, je sais où je pose le pied.»

Et, de son coup d'oeil si prompt et si sûr, étudiant le terrain autour de lui:

—Hum! C'est bientôt dit! Qui me prouve que ce couloir n'est pas machiné comme le cabinet d'où je sors? De quel côté aller?

—De quel côté sortir? A droite ou à gauche?... Ce brave monsieur Espinosa aurait bien pu me renseigner... Si je retournais lui demander mon chemin?

Pardaillan esquissa un geste pour rouvrir la porte. Mais il réfléchit:

«Ouais! Ne vais-je pas me remettre bénévolement dans la gueule du loup?... Pourquoi souriait-il de si étrange façon quand je l'ai quitté?... Je n'aime pas beaucoup ce sourire-là... Peut-être serait-il prudent de ne pas trop se fier à la bonne foi de ce prêtre... Voyons! je suis venu par la droite, continuons par la gauche... Que diable! j'arriverai toujours quelque part!»