Et il reprit sa marche en avant, sans se presser.
A peine avait-il fait quelques pas, qu'un groupe d'hommes d'armes déboucha dans le couloir. Ces hommes ne parurent pas remarquer la présence du chevalier. Riant et plaisantant, ils s'approchèrent de la fenêtre, s'assirent en rond sur les dalles et se mirent à jouer aux dés.
Comme il allait tourner à gauche, Pardaillan se heurta à un deuxième groupe qui s'en allait rejoindre le premier, soit pour se mêler à la partie, soit pour y assister en spectateur. Pardaillan passa au milieu des soldats, qui s'écartèrent devant lui sans faire la moindre remarque.
«Allons, pensa-t-il, décidément, ce n'est pas à moi qu'ils en veulent!»
Cependant, comme le couloir dans lequel il venait de s'engager était occupé par une dizaine d'hommes qui paraissaient s'établir là comme pour y camper, ainsi qu'il l'avait pensé, tout en poursuivant son chemin d'un air très calme, le chevalier se tenait prêt à tout.
Il avait déjà dépassé le groupe sans que nul fît attention à lui. Il n'y avait plus devant lui qu'un soldat qui s'était arrêté et, accroupi sur les dalles, paraissait très attentionné à réparer une de ses chaussures.
Pardaillan sentit la confiance lui revenir.
Il se trouvait presque à la hauteur du soldat accroupi. Alors il entendit une voix murmurer:
—Tenez-vous sur vos gardes, seigneur... Évitez les rondes... on veut vous prendre... Surtout ne revenez jamais en arrière, la retraite vous est coupée...
Pardaillan, qui allait dépasser le soldât, se retourna vivement pour lui répondre, mais déjà l'homme s'était élancé et rejoignait ses camarades en courant.