Et il se mit à rire de bon coeur. Cette fois, il était bien définitivement sauvé. Briser ce frêle obstacle, se laisser glisser, franchir le mur qu'il voyait là-bas, tout cela ne serait qu'un jeu pour lui. Il était maintenant plein de joie, de forces et de courage. Sa délivrance lui paraissait assurée, certaine, et il se voyait racontant cette fantastique aventure à son ami Cervantes.
Cependant il s'agissait maintenant de briser l'obstacle, qui ne résisterait pas longtemps à sa poigne vigoureuse.
Déjà il avait saisi le barreau à pleines mains et tirait de toutes ses forces, lorsqu'il sentit que quelque chose montait doucement sous lui, pesait sur sa gorge.
«Oh là! Qu'est ceci! j'étrangle...» nota-t-il et il rentra précipitamment la tête.
Au même instant ce quelque chose passa brusquement à un pouce de son visage. Il entendit un bruit sec, comme celui d'un couvercle qui se rabat, et il fut plongé dans une obscurité complète.
Il projeta vivement ses jambes à gauche pour descendre. Il heurta violemment une cloison.
Il voulut reculer, se soulever... Partout, il se heurtait à du bois dur comme du fer... Il se sentait pressé dans des cloisons épaisses et solides, basses et étroites, dans lesquelles il respirait péniblement, serré de toutes parts.
Pardaillan était enfermé vivant dans un cercueil.
Il eut un sourire atroce et ferma les yeux en songeant:
«Voilà donc la surprise que me ménageait Espinosa! Voici donc le piège final qu'il me tendait et dans lequel j'ai donné tête baissée comme un étourneau!»