Pardaillan avait, du premier coup d'oeil, reconnu à qui il avait affaire, et, en voyant les quatre charger, il dit tranquillement à don César:

—Adossons-nous contre cette maison... Ces braves ne seront pas tentés de nous prendre par-derrière.

La manoeuvre s'accomplit avec promptitude et décision et, lorsque les quatre foncèrent, ils trouvèrent deux pointes longues et acérées qui les reçurent sans faiblir.

Les choses se trouvaient changées, tout au désavantage des trois ordinaires et de Bussi, écumant. L'intervention soudaine et imprévue de don César faisait avorter piteusement leur coup.

En effet, les séides de Fausta n'ignoraient pas que Pardaillan, à lui seul, était parfaitement de force à les battre tous les quatre réunis. Ils savaient qu'ils ne pouvaient l'avoir que par coup de traîtrise.

Or, non seulement Pardaillan était maintenant sur ses gardes et leur faisait face avec sa vigueur accoutumée, mais encore, pour comble, voici qu'un inconnu venait bravement seconder les efforts de celui qu'ils croyaient tenir. Et le pis est que cet inconnu paraissait manier son épée avec une maîtrise incontestable.

Ces réflexions, plutôt mélancoliques, traversèrent comme un éclair le cerveau des quatre compagnons. Néanmoins, comme ils étaient braves, pas un instant la pensée ne leur vint d'abandonner la partie et ils attaquèrent fougueusement, résolus à se tirer très honorablement de ce mauvais pas ou à y laisser leur peau.

Cependant, de sa voix railleuse, Pardaillan disait:

—Bonsoir, messieurs!... Vous voulez donc me meurtrir un peu?

—Monsieur, fit Sainte-Maline en lui portant un coup droit, d'ailleurs paré avec une remarquable aisance, nous vous avons averti ce matin.