Et comme s'il eût deviné ce qui se passait dans l'esprit du chevalier, il ajouta:

—Si Votre Seigneurie affectionne don César, qu'elle vienne avec lui. Et, se tournant vers Cervantes, muet: Vous aussi, seigneur... et tous vos amis... tant que vous en avez... Tiens! à présent qu'il a pris la Giralda, don Centurion ne la rendra pas sans montrer un peu les crocs... Moi, je peux vous conduire à la maison et puis après, serviteur, je ne compte plus. Que voulez-vous que je fasse, pauvre de moi!... Je suis trop petit, tiens!

El Chico paraissait sincère et devait l'être en effet.

—Si c'était, pensa Pardaillan, un guet-apens, on n'aurait évidemment pas la naïveté de recommander à don César de se faire accompagner. Tout au contraire, on chercherait à l'attirer seul. A moins que...

Et s'adressant à El Chico:

—Tu penses donc qu'ils sont en nombre autour de la Giralda?

—Il y a les quatre qui l'ont enlevée... Il y a don Centurion... Ceux-là, j'en suis sûr. Je les ai vus entrer et ils ne sont pas ressortis... J'ai idée qu'il doit bien y en avoir quelques autres cachés dans la maison...

—Allons! décida soudain Pardaillan.

Aussitôt, El Chico se dirigea vers la porte.

Cervantes, sur un signe de Pardaillan, se plaça à la gauche du Torero, tandis que le chevalier se plaçait à sa droite. Pardaillan était bien persuadé que le guet-apens—en admettant qu'il y eût guet-apens était dirigé contre don César. Pas un instant la pensée ne l'effleura qu'il pouvait être visé lui-même.