Avec son éclatant costume: mélange de soie, de velours, de satin, de tresses, de houppettes multicolores, avec son opulente chevelure, aux mèches indisciplinées retombant en désordre sur le front, la raie cavalièrement jetée sur le côté, la tache pourpre d'une fleur de grenadier au-dessus de l'oreille, avec ses grands yeux ingénus, son teint éblouissant, son sourire gracieux découvrant l'écrin perlé de sa bouche; avec son air à la fois candide et mutin, et dans sa pose chastement abandonnée, la Giralda, surtout, était adorable.

Il est probable qu'ils seraient restés indéfiniment à se parler le langage muet des amoureux, si Cervantes n'avait été là. Il n'était pas amoureux, lui, et, sans se soucier de troubler l'extase des jeunes gens, il s'écria donc, sans façon:

—Et M. de Pardaillan! Il ne faudrait pourtant pas l'oublier!

Ramené brutalement à terre par cette exclamation, le prince se redressa aussitôt, honteux d'avoir oublié un moment l'ami sous la caresse des yeux de l'amante.

—Où est donc M. de Pardaillan? dit-il à son tour.

Cette question s'adressait à la Giralda, qui ouvrit de grands yeux étonnés.

—M. de Pardaillan, dit-elle, mais je ne l'ai pas vu!

—Comment! s'écria le Torero troublé. Ce n'est donc pas lui qui vous a délivrée?

—Mais, mon cher seigneur, fit la Giralda de plus en plus étonnée, je n'avais pas à être délivrée!... J'étais parfaitement libre.

Cette fois, ce fut au tour de don César et de Cervantes d'être stupéfaits.