El Chico avait vu, lui aussi. Il ne dit rien, mais il s'approcha vivement, comme s'il eût voulu lui prêter l'appui de sa faiblesse.

Sans rien remarquer, Cervantes reprit:

—Mon enfant, faites-nous préparer des lits. Nous achèverons la nuit ici, et, demain, nous reprendrons nos recherches.

Le Torero approuva d'un signe de tête.

Juana, heureuse peut-être d'échapper à une contrainte pénible, suivit la servante.

Cervantes, après un geste amical à l'adresse de Chico, se hâta de regagner la chambre qui lui était destinée.

Le Torero ne voulut pas le suivre avant d'avoir chaudement remercié et de l'avoir assuré encore une fois qu'il se chargeait désormais de pourvoir à ses besoins. La Giralda joignit ses protestations à celles de son fiancé. Le petit homme accueillit ces marques d'amitié avec cet air fier et détaché qui lui était particulier. Mais l'éclat de son regard montrait clairement qu'il était content de cette amitié.

XXIII

EL CHICO ET JUANA

Demeuré seul dans la cuisine de l'auberge, Chico grimpa sur un escabeau, auprès de l'âtre mourant. Il était triste, car il l'avait vue, «elle», bien triste et agitée.