—Je l'ai dit. La vérité est que, si je vous cherchais, j'ignorais que vous fussiez ici.
—Alors, pourquoi y es-tu venu? Qu'y fais-tu?
Toutes ces questions mettaient le nain dans un cruel embarras. Pardaillan ne paraissait pas le remarquer.
—C'est ici mon logis, tiens! lâcha El Chico.
Il n'avait pas plus tôt dit qu'il regrettait ses paroles.
—Ici? dit Pardaillan incrédule. Tu veux rire! Tu ne loges pas dans cette manière de sépulture?
Le nain fixa le chevalier. El Chico n'était pas un sot. Il haïssait Pardaillan, mais sa haine n'allait pas jusqu'à l'aveuglement. S'il avait pu, il aurait tué Pardaillan en qui il voyait un rival heureux, et il n'eût éprouvé aucun remords de ce meurtre. Il avait cependant senti ce qu'il y avait de bas dans le fait de conduire son rival à la mort pour une somme d'argent.—Et lui, pauvre diable, vivant de rapines ou de charité, il avait rejeté avec dégoût cet or primitivement accepté!
Il eut honte d'avoir hésité et, à la question de Pardaillan, répondit franchement:
—Non, mais je loge ici.
Et il démasqua l'ouverture de son réduit et alluma sa chandelle. Pardaillan, qui avait sans doute son idée, pénétra derrière lui.