—Myrthis, tu le prendras, tu l'emporteras loin de Rome. N'aie crainte, nul ne s'opposera à ta sortie du château Saint-Ange: j'ai obtenu cela que, moi morte, meure aussi la vengeance de Sixte-Quint.
—Je n'aurai nulle crainte, répondit Myrthis avec une sorte de ferveur exaltée. Puisque, vous morte, je dois vivre encore, je vivrai pour lui.
Fausta esquisse un signe de tête comme pour prendre acte de cette promesse. Une minute, elle garde le silence; puis, les yeux fixés sur l'enfant, elle ajouta:
—Fils de Fausta!... Fils de Pardaillan!... que seras-tu?... Ta mère, en mourant, te donne le baiser d'orgueil et de force par quoi elle espère que son âme passera dans ton être!...
C'est fini. Myrthis a pris dans ses bras l'enfant qu'elle doit emporter loin de l'Italie, le fils de Fausta le fils de Pardaillan. Et elle se recule, et elle se détourne comme pour cacher à l'innocent petit être, à peine entré dans la vie, la vue de sa mère entrant dans la mort.
Fausta d'un geste funèbrement tranquille, a ouvert un médaillon d'or qu'elle porte suspendu à son cou et a verse dans une coupe préparée d'avance les grains de poison que contient ce médaillon.
C'est fini. Fausta a vidé d'un trait la coupe et elle retombe sur l'oreiller... Morte.
II
LE GRAND INQUISITEUR D'ESPAGNE
DE l'autre côté de la porte retentit un effroyable cri d'angoisse et d'horreur. C'est Montalte qui clame sa stupeur. Montalte que ce dénouement vient de foudroyer et qui râle,: