Tout heureux de le retrouver sans l'apparence d'une blessure, le Torero s'écria, en désignant de la main la foule qui les entourait:
—Je voulais pénétrer dans la piste, mais j'ai été pris au milieu de cette presse, et, malgré tous mes efforts, je n'ai pu me dégager à temps.
Pardaillan jeta un coup d'oeil sur la masse de curieux qui se pressaient devant lui. Il fit entendre un sifflement admiratif.
—Il est de fait, dit-il, que l'entreprise n'était pas aisée au milieu d'une cohue pareille.
Et, prenant amicalement le bras du jeune homme, il dit très doucement:
—Puisque c'est moi que vous cherchiez, il est en effet inutile d'aller plus loin. Venez, cher ami, nous causerons chez vous. Je n'aime pas, ajouta-t-il en fronçant légèrement le sourcil, avoir autour de moi autant d'indiscrets personnages.
Ceci dit à voix assez haute pour être entendu de tous, sur ce ton froid qui lui était particulier quand l'impatience commençait à le gagner, souligné par un coup d'oeil impérieux, fit s'écarter vivement les plus pressants.
Lorsqu'ils se trouvèrent sous la tente:
—Ah! chevalier, s'écria le Torero encore ému, quelle imprudence!... Vous venez de me faire passer les minutes les plus atroces de mon existence!
Le chevalier prit son expression la plus naïvement étonnée.