—Sainte Vierge! que me dis-tu là? fit-elle, vivement intéressée.

—Ce n'est pas tout. La rébellion dont tu as entendu parler, c'était en faveur de don César. On dit qu'il est le fils du roi; c'est lui qui est, paraît-il, le légitime enfant et c'est lui qu'on voulait placer sur le trône à la place de son père, le roi Philippe, lui qu'on acclamait sous le nom de roi Carlos.

Il paraissait très fier de savoir tout cela, fier surtout de connaître personnellement un homme qu'on prétendait fils du roi.

Elle, du coup, en oublia et sa feinte colère et son réel dépit, et joignant ses petites mains:

—Don César, fils du roi! s'exclamait-elle. Eh bien, à dire vrai, cela ne m'étonne pas. J'ai toujours pensé qu'il devait être de très haute naissance. Et tu dis qu'il est l'infant légitime? Qui donc osait attenter à sa vie?

—Le roi... son père, dit Chico en baissant la voix.

—Son père! Est-ce possible? fit-elle incrédule. Il ne savait pas, sans doute.

—Il savait, au contraire. C'est même pour cela qu'il voulait le faire meurtrir. Tout le monde ne sait pas ça, mais moi je le sais. Il y a bien des choses que je sais, tiens! et personne ne s'en doute.

—Mais pourquoi? C'est horrible, cela, qu'un père veuille faire tuer son fils!

—Ah! voilà! Ceci, c'est ce qu'on appelle «la raison d'Etat». Je sais cela aussi.