—Secondement, nul ne pourra être inquiété du fait d'avoir montré quelque sympathie à l'adversaire que j'ai été pour vous.
—Accordé, accordé!
—Troisièmement enfin, il ne sera rien entrepris contre le fils de don Carlos, connu sous le nom de don César el Torero.
—Vous savez?...
—Je sais cela... et bien d'autres choses, dit froidement Pardaillan. Il ne sera rien entrepris contre don César et sa fiancée, connue sous le nom de la Giralda.
Il pourra, avec sa fiancée, quitter librement l'Espagne sous la sauvegarde de l'ambassadeur de France. Et comme il ne serait pas digne que le petit-fils d'un monarque puissant vécût pauvre et misérable à l'étranger, il lui sera remis une somme—que je laisse à votre générosité le soin de fixer—et avec laquelle il pourra s'établir en France et y faire honorable figure. En échange de quoi j'engage ma parole que le prince ne tentera jamais de rentrer en Espagne et ignorera, du moins de mon fait, le secret de sa naissance.
A cette proposition, évidemment inattendue, d'Espinosa réfléchit un instant, et, fixant son oeil clair sur l'oeil loyal de Pardaillan, il dit:
—Vous vous portez garant que le prince n'entreprendra rien contre le trône, qu'il ne tentera pas de rentrer dans le royaume?
—J'ai engagé ma parole, fit Pardaillan glacial. Cela suffit, je pense.
—Cela suffit, en effet, dit vivement d'Espinosa. Peut-être avez-vous trouvé la meilleure solution de cette grave affaire.