Et aussitôt, pour témoigner que lui aussi il avait pleine confiance, il ouvrit la porte secrète sans chercher à cacher où se trouvait le ressort qui actionnait cette porte. Ce que voyant, Pardaillan eut un sourire indéfinissable.

Quelques instants plus tard, le grand inquisiteur et Pardaillan se trouvaient sur le seuil d'une maison de modeste apparence. Pour arriver là, il leur avait fallu ouvrir plusieurs portes secrètes. Et toujours d'Espinosa avait dévoilé sans hésiter le secret de ces ouvertures, alors qu'il lui eût été facile de le dissimuler.

Remontant à la lumière, ils avaient traversé des galeries, des cours, des jardins, de vastes pièces, croisant à tout instant des moines qui circulaient affairés.

Aucun de ces moines ne s'était permis le moindre geste de surprise à la vue du prisonnier, paraissant sain et vigoureux, et s'entretenant familièrement avec le grand inquisiteur. Et au sein de ce va-et-vient continuel, à d'Espinosa qui l'observait du coin de l'oeil, Pardaillan montra le même visage calme et confiant, la même liberté d'esprit. Seulement, dame! lorsqu'il se vit enfin dans la rue, le soupir qu'il poussa en dit long sur les transes qu'il venait d'endurer.

Au moment où Pardaillan allait le quitter, d'Espinosa demanda:

—Vous comptez continuer à loger à l'auberge de la Tour jusqu'à votre départ?

—Oui, monsieur.

—Bien, monsieur.

Il eut une imperceptible hésitation, et brusquement:

—J'ai cru comprendre que vous portiez un vif intérêt à cette jeune fille... la Giralda.