D'Espinosa eut un geste détaché, et, avec un mince sourire, il dit:
—A propos, monsieur, remontez donc cette ruelle. Vous aboutirez à la place San Francisco, c'est votre chemin. Mais sur la place, détournez-vous un instant de votre chemin. Allez donc devant l'entrée du couvent San Pablo... vous y trouverez quelqu'un qui, j'imagine, sera bien content de vous revoir, attendu que tous les jours il vient là passer de longues heures... je ne sais trop pourquoi.
Et sur ces mots, il fit un geste d'adieu, rentra dans la maison et poussa la porte derrière lui.
XIX
LIBRE!
Tant qu'il s'était trouvé avec d'Espinosa, Pardaillan était resté impassible.
Mais lorsqu'il se vit dans la ruelle déserte, sous les rayons obliques d'un soleil brûlant—il était environ cinq heures de l'après-midi—il aspira l'air chaud avec délice, et en s'éloignant à grandes enjambées dans la direction que lui avait indiquée d'Espinosa, il laissait éclater sa joie intérieurement.
Et levant la tête, contemplant avec des yeux émerveillés l'air éclatant d'un ciel sans nuages:
«Mort-dieu! il fait bon respirer un air autre que l'air fétide d'un cachot: il fait bon contempler cette voûte azurée et non une voûte de pierres noires, humides et froides. Et toi, rutilant soleil!... Salut!... soleil, soutien et réconfort des vieux routiers tels que moi!»
Puis changeant d'idée, avec un sourire terrible: