Le Chico se mit à rire:

—Je veux vous cacher, tiens! Je vous réponds qu'ils ne vous trouveront pas là où je vous conduirai.

—Me cacher!... Pour quoi faire?

—Pour qu'ils ne vous reprennent pas, tiens!

A son tour, Pardaillan se mit à rire de bon coeur.

—Je n'ai pas besoin de me cacher, fit-il. Sois tranquille, ils ne me reprendront pas.

Le Chico n'insista pas; il ne posa aucune question, il ne témoigna ni surprise ni inquiétude.

Pardaillan avait dit qu'il n'avait pas besoin de se cacher et qu'on ne le reprendrait pas. Cela lui suffisait. Et comme son petit coeur débordait de joie, il saisit une deuxième fois la main de Pardaillan, et il allait la porter à ses lèvres, lorsque celui-ci, se penchant, l'enleva dans ses bras, en disant:

—Que fais-tu, nigaud?... Embrasse-moi!...

Et il appliqua deux baisers sonores sur les joues fraîches et veloutées du petit hommes, qui rougit de plaisir et rendit l'étreinte de toute la force de ses petits bras.