—Est-ce à ce point? fit-il.
Toujours très grave, elle fit oui de la tête et reprit:
—Je n'ai qu'un regret: celui de vous avoir rapproché de cette jeune fille. Si j'avais su ce que je sais maintenant, jamais, par mon fait du moins, vous ne l'eussiez retrouvée.
Un vague soupçon germa dans l'esprit du Torero. A son tour, il devint froid, tout son calme soudain reconquis.
—Pourquoi, madame? fit-il avec une imperceptible pointe d'ironie.
—Parce que, dit Fausta, toujours grave et avec un accent de conviction impressionnant, parce que cette jeune fille causera votre mort.
Le Torero la fixa un instant. Elle soutint son regard avec un calme imperturbable.
Le commencement de soupçon imprécis qui l'avait effleuré se fondit instantanément sous le feu de ce regard. De nouveau, il fut repris par ce trouble étrange qui l'avait agité et qu'il croyait avoir maîtrisé.
—Mais, enfin, madame, fit-il en passant à un autre ordre d'idées, qui est donc cet ennemi mortellement acharné après moi? Le savez-vous?
—Je le sais.