—Bien, madame, je prends acte de votre promesse, et, quoi qu'il advienne, soyez assurée de ma reconnaissance, ma vie vous appartient...

—Il s'agit d'abord de la préserver, votre vie!

—C'est ce que je m'efforcerai de faire, madame. Et tenez pour certain qu'on ne me réduira pas aisément, si puissant qu'on soit.

—Je le crois aussi, dit Fausta d'un air entendu.

—Mais, reprit le Torero, pour me défendre, il est certaines choses que j'ai besoin de savoir ou de comprendre. Me permettez-vous de vous poser quelques questions?

—Faites, monsieur, et, si je le puis, j'y répondrai en toute sincérité.

—Eh bien, donc, madame... comment, en quoi la Giralda pourrait-elle être la cause de ma mort?

A ce moment, les clameurs, les hurlements, les chants sacrés, éclatèrent avec plus de force sur la place. Évidemment, le cortège venait de déboucher sur le lieu du supplice et la foule manifestait ses sentiments par les mêmes vivats et les mêmes cris de mort.

Sans répondre à la question du Torero, Fausta se leva et s'approcha de son pas majestueux, du balcon. Elle jeta un coup d'oeil sur la place et vit qu'elle ne s'était pas trompée. Elle se retourna vers le Torero, qui la regardait faire non sans surprise, et, très calme:

—Approchez, monsieur, venez voir, dit-elle.