—Je vous le promets, dit simplement Pardaillan. Votre fiancée sera ma soeur, et malheur à qui oserait lui manquer.
—Me voici tout à fait rassuré, chevalier. Je sais ce que vaut votre parole.
—Eh bien, éclata Pardaillan, voulez-vous que je vous dise? Vous avez bien fait de repousser les offres de Fausta. Si vous avez éprouvé un déchirement à renoncer à la couronne qu'on vous offrait, soyez consolé, car vous n'êtes pas plus fils du roi Philippe que moi.
—Ah! je le savais bien! s'écria triomphalement le Torero. Mais, vous-même, comment savez-vous?
—Je sais bien des choses que je vous expliquerai plus tard, je vous en donne ma parole. Pour le moment, contentez-vous de ceci: Vous n'êtes pas le fils du roi, vous n'aviez aucun droit à la couronne offerte.
Et avec une gravité qui impressionna le Torero:
—Mais vous n'avez pas le droit de haïr le roi Philippe. Il vous faut renoncer à certains projets de vengeance dont vous m'avez entretenu. Ce serait un crime, vous m'entendez, un crime!
—Chevalier, dit le Torero aussi ému que Pardaillan, si tout autre que vous me disait ce que vous me dites, je demanderais des preuves. A vous, je dis ceci: Dès l'instant où vous affirmez que mon projet serait criminel, j'y renonce.
—Et vous verrez que vous aurez lieu de vous en féliciter. Vous viendrez en France, pays où l'on respire la joie et la santé; vous y épouserez votre adorable Giralda, vous y vivrez heureux et... vous aurez beaucoup d'enfants.
Et Pardaillan éclata de son bon rire sonore.