— Madame a dit que l'air est un peu plus frais et qu'elle préfère que vous mettiez une robe moins légère, Mademoiselle, répondit la femme de chambre qui était toute nouvelle dans la maison.

— Cela m'est bien égal au fond, toutes mes robes sont jolies.

Et elle commença sa toilette en chantant toujours.

— On dirait que vous voulez rivaliser avec les oiseaux du jardin, dit Félicie en riant.

— Ah! ils chantent mieux que moi. Quand je serai grande, j'apprendrai à chanter, maman me l'a promis, mais eux savent chanter sans leçons. Qui sait, pourtant?… Peut-être qu'ils s'en donnent entre eux. Les jeunes apprennent des vieux… Ce serait drôle d'assister à une leçon d'oiseaux. Je voudrais bien savoir s'ils sont sévères, les professeurs… Monsieur le Merle et madame la Fauvette doivent donner d'excellentes leçons, mais elles sont trop chères pour les moineaux. Voilà pourquoi ils ne savent rien, les pauvres petits.

Ainsi babillait l'heureuse petite fille, pendant que Félicie l'habillait. Comme celle-ci lui mettait ses bottines et allait les boutonner, Edith s'aperçut qu'elle était très-pâle et paraissait souffrir.

— Qu'avez-vous? lui demanda-t-elle.

— Oh! rien. Un peu mal à la tête seulement.

— Je ne veux pas que vous vous baissiez ainsi pour me mettre mes bottines, je suis sûre que cela vous fait très mal. Donnez-moi le crochet, je saurai bien les boutonner moi-même.

— Oh! Mademoiselle Edith, dit la pauvre fille étonnée, car elle n'avait point été accoutumée à tant d'égards, madame serait peut-être fâchée si elle vous voyait vous chausser vous-même.