— Pauvre Charlot! pensa-t-elle, madame Perlet est bien bonne pour lui, mais je lui manque… Il s'ennuie de moi…
Et elle se mit à le caresser doucement.
Le contact de cette main familière réveilla le petit dormeur; il regarda autour de lui d'un air étonné, puis s'écria joyeusement:
— Petite mère, es-tu guérie?
— Je suis beaucoup mieux, mon chéri.
— Ah! je suis bien content! Maintenant je pourrai rester avec toi… on ne me chassera plus toujours. Je serai bien sage, Petite mère, je ne veux pas te faire de peine, je veux te soigner… Si tu savais comme je prendrai soin de toi quand je serai grand!… Je te porterai quand tu seras fatiguée, et je te donnerai tout ce que j'aurai…
— Tu es gentil, dit Petite mère plus touchée qu'elle ne pouvait l'exprimer.
— J'étais bien triste sans toi… Je voulais toujours monter, mais on disait: Non, non, tu lui ferais du mal. Et j'ai entendu la vieille dame qui disait qu'il ne fallait pas me laisser venir près de toi parce que j'étais égoïste… Est-ce vrai, Petite mère, que je suis égoïste?…
Elle ne pouvait pas dire non, elle ne voulait pas dire oui…
Elle répondit donc:
— Tu ne le seras plus, Charlot.