Une vieille dame introduisit sa tête, coiffée d'un bonnet blanc.
— Vous n'avez pas vu mon chat? demanda-t-elle. Je ne sais pas où il est passé, et je ne puis pas déjeuner sans lui.
Comme elle parlait, le chat se mit sur ses quatre pattes, s'étira, sauta du lit et s'avança lentement vers sa maîtresse, qui poussa un cri de joie, le prit dans ses bras et referma la porte.
Petite mère n'avait pas eu le temps de parler. Elle soupira et se reprocha de n'avoir rien dit, car, puisqu'un bon déjeuner attendait le chat, peut-être y aurait-il quelque chose pour eux, au moins pour le pauvre Charlot.
La vieille dame n'avait pas l'air terrible, elle aurait peut-être écouté sa prière… mais il était trop tard!
Charlot grognait de tout son pouvoir.
— Le chat va déjeuner et moi je vais mourir de faim, répéta-t-il.
Alors Petite mère prit son courage à deux mains et alla frapper à la porte à côté.
La vieille dame était assise dans son fauteuil, devant une petite table ronde, sur laquelle son chat achevait de lapper dans une soucoupe sa portion de lait frais. Il se pourléchait et paraissait content de lui-même et des autres. Sa maîtresse posa la tasse qu'elle portait à ses lèvres. C'était vraiment un tableau de confort et de bien-être tranquille que ce petit intérieur, dont les seuls habitants étaient une vieille dame et un beau chat.
Petite mère aurait voulu se sauver; mais l'un et l'autre la regardaient d'un air interrogateur: il fallait parler, expliquer son apparition.