— La vieille dame a dit qu'il me punirait parce que j'avais tiré la queue de son chat; mais le chat m'a griffé, et au lieu de le punir on l'a caressé et on l'a mis sur le lit. Moi, on m'a chassé.
Petite mère ne répondit rien, elle était perplexe.
— Maman disait qu'il est bien bon, dit-elle.
— Eh bien, moi, je ne le crois pas, répondit le petit garçon de son ton décidé. Il n'est pas bon, et si je le rencontre une fois je lui dirai que c'est mal d'aimer mieux les chats que les enfants; je n'irai plus chez la vieille dame, elle est méchante.
— Oh! Charlot, il ne faut pas être ingrat. Elle nous a donné de son pain.
— Oui, dit Charlot, mais pas de son lait… Elle en avait pourtant, et à présent, Petite mère, qui est-ce qui nous donnera à manger à midi?
Petite mère n'en savait là-dessus pas plus que lui; elle baissa la tête tristement et ne répondit pas.
— Je veux manger à midi, moi!… ajouta le petit garçon irrité de ce silence peu rassurant; tu sais bien que tu dois prendre soin de moi, mais ça te fait plaisir de me laisser mourir de faim.
— Oh! Charlot, comment peux-tu me faire tant de peine!…
Elle aurait pu dire: Et moi, est-ce que n'ai pas faim aussi?