— Oh! je ne sais pas. Peut-être qu'elle a tous les jours de la viande, et des pommes de terre, et des gâteaux, et du chocolat!..

Charlot soupira encore; il pensait que c'était un sort bien heureux et qu'il voudrait que ce fût aussi le sien.

— Te rappelles-tu, demanda-t-il, quand le père nous a donné du chocolat?…

— Oh! oui, c'était bien bon. Maintenant que nous avons tant d'argent je veux t'en acheter pour deux sous.

— Demain, dès que nous serons levés!… dit Charlot.

— Oui, si madame Perlet veut nous donner l'argent; mais, tu sais, le matin elle n'est pas si bonne que l'après-midi; il vaudrait peut-être mieux le lui demander l'après-midi.

Un troisième soupir. Charlot était dans une disposition de douceur et de soumission tout à fait extraordinaire; ce qu'il avait vu dans la journée l'avait rendu sérieux.

— Charlot, dit Petite mère lorsqu'il fut couché, tu sais que la bonne soeur a dit qu'il faut prier pour que le père se guérisse.

— Je ne sais pas, répondit le petit homme à moitié endormi: qu'est-ce que c'est que prier?

— C'est demander au bon Dieu… Peut-être qu'il faudrait aussi le remercier pour la pièce d'or.