Point de porte! une grande glace l'avait remplacée; puis des caisses de fleurs, des tapis dans l'escalier. Tancrède ne pouvait comprendre comment, du matin au soir, on avait pu produire de si prompts embellissements.

Comme il entrait, M. Poirceau vint le prendre par le bras. Tancrède ne savait pourquoi ce monsieur venait le chercher; il ne reconnaissait pas non plus M. Poirceau.

Le bonhomme avait aussi subi quelques embellissements. Ce n'était plus le joyeux compère qu'il avait vu le matin, maître chez lui, avec son bonnet de soie, sa robe de chambre et ses pantoufles de tapisserie.—C'était un hôte affairé, perdu dans une cravate, triste dans un habit, gêné dans un salon, tourmenté de mille niaiseries, mais, du reste, bon et bienveillant.

—Madame Poirceau est par ici, je vais vous présenter à elle.

Tancrède s'avança vers la maîtresse de la maison.

La présentation s'opéra en silence.

Madame Poirceau jeta à peine un coup d'œil sur le beau danseur qu'on lui avait tant annoncé, toute préoccupée qu'elle était de l'arrivée d'une grosse Allemande couverte de bijoux et de fleurs, qui paraissait un personnage d'importance.

M. Poirceau fut mécontent du peu d'effet que son protégé fit sur sa femme.

—Venez, dit-il, je vais vous présenter à ma nièce.

La nièce de M. Poirceau était une très-jolie personne que, par un de ces hasards qu'on met dans les romans, Tancrède avait déjà rencontrée à Genève. Une reconnaissance s'ensuivit; madame Thélissier accueillit M. Dorimont fort gracieusement. Elle était engagée pour plusieurs valses et contredanses; mais elle trouva moyen d'embrouiller si bien ses engagements, qu'elle fut libre, et put valser assez légalement avec lui—ce qui attira bien vite l'attention de toutes les femmes sur notre Apollon.