—Eh bien, où est-il donc, M. le commissaire? il était là il n'y a qu'un instant.
—Je l'entends qui parle, dit quelqu'un.
En effet, M. le commissaire, quoique invisible, n'en était pas moins conciliant; son discours pacifiant allait toujours son petit train. Son attitude était très-noble, son air très-calme, malheureusement ce beau maintien était perdu.
Enfin Joseph, revenu à lui-même, demande sa canne; il crie qu'on lui a volé sa canne, et M. le commissaire, pour la lui rendre avec plus de dignité, la fait passer dans sa main droite.
M. le commissaire reparaît.
Comme il y avait de chaque côté du cabaret deux portes qui donnaient sur deux rues différentes, ces disparitions merveilleuses furent expliquées, et, la querelle terminée, on ne s'en inquiéta plus. M. le commissaire fit une allocution pleine de sagesse aux deux ennemis, qui s'humilièrent.
Joseph se hâta de reporter la canne chez madame Thélissier, qui s'empressa elle-même de la renvoyer à M. Dorimont, sans se douter, la pauvre femme, des tourments qu'elle lui préparait.
Que ceux qui ont retrouvé un amour qu'ils croyaient perdu, qui ont sauvé un ami en danger, qui ont obtenu la grâce d'un condamné, qui ont vu guérir un malade, qui ont refait leur fortune, se figurent ce qu'éprouva Tancrède en retrouvant son trésor égaré. Pour nous, nous reconnaissons l'impossibilité de le décrire.