Ah ! mon fils, que la tendresse d'un père est aisément rappelée, et que les offenses d'un fils s'évanouissent vite au moindre mot de repentir ! Je ne me souviens plus déjà de tous les déplaisirs que vous m'avez donnés, et tout est effacé par les paroles que vous venez de me faire entendre. Je ne me sens pas, je l'avoue ; je jette des larmes de joie ; tous mes voeux sont satisfaits, et je n'ai plus rien désormais à demander au ciel. Embrassez-moi, mon fils, et persistez, je vous conjure, dans cette louable pensée. Pour moi, j'en vais, tout de ce pas, porter l'heureuse nouvelle à votre mère, partager avec elle les doux transports du ravissement où je suis, et rendre grâces au ciel des saintes résolutions qu'il a daigné vous inspirer.

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Scène II. - Don Juan, Sganarelle.

- Sganarelle -

Ah ! Monsieur, que j'ai de joie de vous voir converti ! il y a longtemps que j'attendais cela ; et voilà, grâces au ciel, tous mes souhaits accomplis.

- Don Juan -

La peste le benêt !

- Sganarelle -

Comment, le benêt ?

- Don Juan -