Et la fille correspond-elle fort à votre amour ?

- Cléante -

Si j'en dois croire les apparences, je me persuade, mon père, qu'elle a quelque bonté pour moi.

- Harpagon -

(bas, à part.)

Je suis bien aise d'avoir appris un tel secret ; et voilà justement ce que je demandais.

(Haut.)

Or sus, mon fils, savez-vous ce qu'il y a ? C'est qu'il faut songer, s'il vous plaît, à vous défaire de votre amour, à cesser toutes vos poursuites auprès d'une personne que je prétends pour moi, et à vous marier dans peu avec celle qu'on vous destine.

- Cléante -

Oui, mon père ; c'est ainsi que vous me jouez ! Eh bien ! puisque les choses en sont venues là, je vous déclare, moi, que je ne quitterai point la passion que j'ai pour Mariane ; qu'il n'y a point d'extrémité où je ne m'abandonne pour vous disputer sa conquête, et que si vous avez pour vous le consentement d'une mère, j'aurai d'autres secours, peut-être, qui combattront pour moi.