SCÈNE VI.—ÉRASTE, MARINETTE, GROS-RENÉ.
MARINETTE.
Je viens vous avertir que tantôt, sur le soir,
Ma maîtresse au jardin vous permet de la voir.
ÉRASTE.
Oses-tu me parler, âme double et traîtresse!
Va, sors de ma présence, et dis à ta maîtresse
Qu'avecque ses écrits elle me laisse en paix,
Et que voilà l'état, infâme! que j'en fais.
Il déchire la lettre et sort.
MARINETTE.
Gros-René, dis-moi donc quelle mouche le pique.
GROS-RENÉ.
M'oses-tu bien encor parler, femelle inique,
Crocodile trompeur, de qui le cœur félon
Est pire qu'un satrape, ou bien qu'un Lestrigon[176]!
Va, va rendre réponse à ta bonne maîtresse,
Et dis-lui bien et beau que, malgré sa souplesse,
Nous ne sommes plus sots, ni mon maître ni moi,
Et désormais qu'elle aille au diable avecque toi.
MARINETTE, seule.