J'attendrai qu'elle ait fait.

SCÈNE IV.—DON GARCIE.

Près de souffrir sa vue,
D'un trouble tout nouveau je me sens l'âme émue
Et la crainte, mêlée à son ressentiment,
Jette par tout mon corps un soudain tremblement.
Prince, prends garde au moins qu'un aveugle caprice,
Ne te conduise ici dans quelque précipice,
Et que de ton esprit les désordres puissans
Ne donnent un peu trop au rapport de tes sens:
Consulte ta raison, prends sa clarté pour guide;
Vois si de tes soupçons l'apparence est solide;
Ne démens pas leur voix; mais aussi garde bien
Que, pour les croire trop, ils ne t'imposent rien,
Qu'à tes premiers transports ils n'osent trop permettre,
Et relis posément cette moitié de lettre.
Ah! qu'est-ce que mon cœur, trop digne de pitié,
Ne voudroit pas donner pour son autre moitié?
Mais, après tout, que dis-je? Il suffit bien de l'une,
Et n'en voilà que trop pour voir mon infortune.
«Quoique votre rival...
»Vous devez toutefois vous...
»Et vous avez en vous à...
»L'obstacle le plus grand...
»Je chéris tendrement ce...
»Pour me tirer des mains de...
»Son amour, ses devoirs...
»Mais il m'est odieux avec...
»Otez donc à vos feux ce...
»Méritez les regards que l'on...
»Et lorsqu'on vous oblige...
»Ne vous obstinez point à...»
Oui, mon sort par ces mots est assez éclairci;
Son cœur, comme sa main, se fait connoître ici;
Et les sens imparfaits de cet écrit funeste,
Pour s'expliquer à moi n'ont pas besoin du reste.
Toutefois, dans l'abord agissons doucement.
Couvrons à l'infidèle un vif ressentiment;
Et, de ce que je tiens ne donnant point l'indice,
Confondons son esprit par son propre artifice.
La voici. Ma raison, renferme mes transports,
Et rends-toi pour un temps maîtresse du dehors.

SCÈNE V.—DONE ELVIRE, DON GARCIE.

DONE ELVIRE.

Vous avez bien voulu que je vous fisse attendre?

DON GARCIE, bas, à part.

Ah! qu'elle cache bien...

DONE ELVIRE.

On vient de nous apprendre
Que le roi votre père approuve vos projets,
Et veut bien que son fils nous rende nos sujets;
Et mon âme en a pris une allégresse extrême.