Allons, par un juste devoir,
Faire à ce noble effort servir mon désespoir.
ACTE V
SCÈNE I.—DON ALVAR, ÉLISE.
DON ALVAR.
Oui, jamais il ne fut de si rude surprise.
Il venoit de former cette haute entreprise;
A l'avide désir d'immoler Mauregat,
De son prompt désespoir il tournait tout l'éclat;
Ses soins précipités vouloient à son courage
De cette juste mort assurer l'avantage,
Y chercher son pardon, et prévenir l'ennui
Qu'un rival[356] partageât cette gloire avec lui.
Il sortoit de ces murs quand un bruit trop fidèle
Est venu lui porter la fâcheuse nouvelle
Que ce même rival qu'il vouloit prévenir,
A remporté l'honneur qu'il pensoit obtenir,
L'a prévenu lui-même en immolant le traître,
Et poussé dans ce jour don Alphonse à paroître,
Qui d'un si prompt succès va goûter la douceur,
Et vient prendre en ces lieux la princesse sa sœur.
Et, ce qui n'a pas peine à gagner la croyance,
On entend publier que c'est la récompense
Dont il prétend payer le service éclatant
Du bras qui lui fait jour au trône qui l'attend.
ÉLISE.
Oui, done Elvire a su ces nouvelles semées,
Et du vieux don Louis les trouve confirmées,
Qui vient de lui mander que Léon, dans ce jour,
De don Alphonse et d'elle attend l'heureux retour
Et que c'est là qu'on doit, par un revers prospère,
Lui voir prendre un époux de la main de ce frère.
Dans ce peu qu'il en dit, il donne assez à voir
Que don Sylve est l'époux qu'elle doit recevoir.
DON ALVAR.
Ce coup au cœur du prince...