Te le dirai-je, Araspe? etc.

Voyez-vous cette posture? Remarquez bien cela. Là, appuyez comme il faut le dernier vers. Voilà ce qui attire l'approbation, et fait faire le brouhaha.—Mais, monsieur, auroit répondu le comédien, il me semble qu'un roi, qui s'entretient tout seul avec son capitaine des gardes, parle un peu plus humainement, et ne prend guère ce ton de démoniaque.—Vous ne savez ce que c'est. Allez-vous-en réciter comme vous faites, vous verrez si vous ferez faire aucun ah! Voyons un peu une scène d'amant et d'amante.» Là-dessus une comédienne et un comédien auroient fait une scène ensemble, qui est celle de Camille et du Curiace,

Iras-tu, ma chère âme? et ce funeste honneur
Te plaît-il aux dépens de tout notre bonheur?
Hélas! je vois trop bien, etc.

tout de même que l'autre, et le plus naturellement qu'ils auroient pu. Et le poëte aussitôt: «Vous vous moquez, vous ne faites rien qui vaille, et voici comme il faut réciter cela:

Il imite mademoiselle de Beauchâteau, comédienne de l'hôtel de Bourgogne.

Iras-tu, ma chère âme? etc.
Non, je te connois mieux, etc.

Voyez-vous comme cela est naturel et passionné! Admirez ce visage riant qu'elle conserve dans les plus grandes afflictions.» Enfin, voilà l'idée; et il aurait parcouru de même tous les acteurs et toutes les actrices.

MADEMOISELLE DEBRIE.

Je trouve cette idée assez plaisante, et j'en ai reconnu[189] là dès le premier vers. Continuez, je vous prie.