SGANARELLE.
Eh bien, va, je te demande pardon; mets là ta main.
MARTINE.
Je te pardonne. (Bas, à part.) Mais tu le payeras.
SGANARELLE.
Tu es une folle de prendre garde à cela: ce sont petites choses qui sont de temps en temps nécessaires dans l'amitié; et cinq ou six coups de bâton, entre gens qui s'aiment, ne font que ragaillardir l'affection. Va, je m'en vais au bois, et je te promets aujourd'hui plus d'un cent de fagots.
SCÈNE IV.—MARTINE.
Va, quelque mine que je fasse, je n'oublierai pas mon ressentiment, et je brûle en moi-même de trouver les moyens de te punir des coups que tu m'as donnés. Je sais bien qu'une femme a toujours dans les mains de quoi se venger d'un mari; mais c'est une punition trop délicate pour mon pendard: je veux une vengeance qui se fasse un peu mieux sentir; et ce n'est pas contentement pour l'injure que j'ai reçue.
SCÈNE V.—VALÈRE, LUCAS, MARTINE.
LUCAS, à Valère, sans voir Martine.